![]() ![]() ![]() | Auf den Namen Sonic Youth bin ich das erste Mal Mitte der Achtziger Jahren gestossen, als ich im Berner Plattenladen Q-Tips arbeitete. Die Kundschaft war spärlich oder verlangte wenig Betreuung. Auf jeden Fall hatte man alle Zeit, sich durch die staubigen und stets auch ein wenig feuchten Regale zu angeln. In einem abgegriffenen Plastikschuber steckte das Ding. Sonic Youth, «Confusion Is Sex», auf dem Plattencover in schwarz-weisses vertauschter Kreidezeichnung eine Gesichtsskizze, darüber der handgeschriebene Schriftzug. Auf der Rückseite fett, in klobigen Buchstaben: SST, das Plattenlabel. Mir kam das sehr New York-mässig vor, Punk und Kunst, ein Funken grosse, rebellische, coole Welt im düsteren Keller da unten in der Münstergasse. Von Glenn Brancas E-Gitarrenorchestern hatte ich auch gehört, davon, dass diese No Wave-Gruppe aus deren Schule hervor gegangen ist. Ich weiss nicht mehr, wie mir die Musik damals eingefahren ist, aber Sonic Youth waren auf meinem Radar erschienen - und sind es bis heute geblieben. Fast 20 Jahre später, im Juni 2001 in Barcelona, spielten Sonic Youth ihr John Cage-und-Co-Tribut-Album «Goodbye 20th Century». Bizarr: Eine Noise-Rock-Band müht sich an einer leidlich anspruchsvollen Adaption zeitgenössischer, «komponierter» Musik ab, ganz weit hinten auf einer riesigen Bühne, in einer monströsen Halle am Stadtrand einer aus allen Nähten krachenden Partystadt. Abertausende von eher Rave-orientierten Zuschauer/innen lassen die kakophonischen Kaskaden über sich ergehen wie ein Gewitter, vor dem man nicht flüchten kann, weil man in der Wüste steht. Sonic Youth ist vermutlich die einzige Band, die sich im Popgewand solches leisten kann, und sie kommt vermutlich aus der einzigen Stadt der Welt, in der so etwas möglich ist. Ich mag diese Band so sehr, weil sie auch nach 30 Jahren gewillt ist, auf den Graben zwischen U- und E-Musik zu pfeifen. Es gab bei Sonic Youth diese Grunge-Majorlabel- Jahre, «Goo», «Dirty», «Experimental Jet Set, Trash & No Star» und so, schöne, kommerziell einigermassen erfolgreiche Platten. Es wird interessant sein zu erfahren, ob Sonic Youth mit ihrem neuen Album «The Eternal», das am Montag nach der Kilbi erscheint, dem in Subgenres zersplitterten Avantgarderock erneut ein allen passenden Mantel wird verpassen können. La première fois que j’ai entendu parler de Sonic Youth, c’était au milieu des années 80, alors que je travaillais dans le magasin de disques Q-Tips à Berne. La clientèle était clairsemée ou ne demandais pas beaucoup d’attention. Quoi qu’il en soit, on avait le temps de se promener à travers les rayons poussiéreux et un peu humides. Je suis tombé sur cette chose à l’intérieur d’une pochette en plastique toute griffée. «Confusion Is Sex», sur la couverture en noir et blanc, des traits à la craie dessinent l’esquisse d‘un visage, par-dessus une écriture à la main. Au verso, écrit en gras et de manière grossière : SST, le label. Ça m’a donné une impression très new-yorkaise, punk et artistique, comme un coup de téléphone venu du grand monde rebelle directement une cave un peu lugubre de la vieille ville de Berne. J’avais aussi entendu parler de l’orchestre de guitares de Glenn Branca, avec lequel ce groupe de No Wave avait joué. Je ne me rappelle pas de ce que j’ai ressenti à l’écoute de leur musique, mais Sonic Youth venait d’apparaître sur mon radar. Et ne l’a pas quitté depuis. Presque 20 ans ont passé lorsqu’en juin 2001 à Barcelone, Sonic Youth jouent leur album hommage à John Cage «Goodbye 20th Century». Bizarre: un groupe de Noise Rock tente une adaptation passablement exigeante de musique contemporaine, composée, tout au fond d’une scène énorme dans une halle monstrueuse aux confins d’une ville réputée pour être la Mecque de la fête. Des milliers de spectateurs plutôt orientés Rave laissent la cacophonie sonore leur tomber dessus comme un orage, auquel on ne peut échapper car on se trouve en plein désert. Sonic Youth est probablement le seul groupe dans le milieu de la pop qui puisse se permettre ce genre de choses, d’ailleurs ils sont originaires de la seule ville où se genre d’expérimentations sont possibles. J’aime tellement ce groupe, qui continue de se moquer complètement des barrières entre la musique dite « sérieuse » et la musique commerciale. Ils ont eu leurs années de succès commerciaux avec des albums grunge comme «Goo», «Dirty», «Experimental Jet Set, Trash & No Star». On se réjouit de savoir si leur nouvel album « The Eternal » qui sortira le lundi après le Kilbi, réussira, lui aussi, à réunir sous une même bannière, tous les sous-genres du rock d’avant-garde. empfohlen durch: / recommandé par: Christian Pauli, Dampfzentrale Bern - http://www.dampfzentrale.ch« zurück - retour |